Cette fois, on touche le fond ! (les fonds ?)
C’est avec écœurement mais sans grande surprise que nous apprenons ce matin sur RMC de la bouche de Maître Antoine Gillot, avocat, que sa cliente Claire T... (ex-comptable de la milliardaire Liliane Bettencourt) était chargée de distribuer chaque semaine depuis plusieurs années des enveloppes d’argent liquide jusqu’à 50 000 Euros, à un certain nombre de gens dont des hommes politiques... Cette déclaration réclame des explications circonstanciées...
La comptable aurait relevé les noms sur des carnets et remis ces carnets à un avocat de Liliane Bettencourt. Le reçu écrit de cette remise pourrait être mis à la disposition de la Justice.
On savait depuis peu que Madame Liliane Bettencourt disposait de comptes étrangers. Ce n’est pas un délit en soi si ces dépôts ont fait l’objet de déclarations conformes. Chacun a le droit de mettre de l’argent dans une île ou même d’en acheter une s’il en a les moyens. C’est le rêve de beaucoup de français, et qu’on jalouse ou non cette capacité financière, ce n’est pas condamnable.
Il en va autrement de la corruption à laquelle peut s’assimiler la remise de grosses sommes en espèces à des décideurs, qu’ils soient politiques ou non. Il est donc impératif de savoir le fin mot de cette affaire.
Par ailleurs, comme il est normal pour tous les autres titulaires des plus gros revenus par rapport au bouclier fiscal, la plus grande fortune de France a bénéficié de remboursements d’impôts en 2008. Dans son cas, c’est un chèque de 30 Millions d’Euros (30 000 000,00) que le fisc lui a reversé sur la signature d’Eric Woerth, alors ministre de l’Économie et des Finances. Même si la mesure est juste au plan philosophique – il est normal de conserver au moins 50% du produit de son travail – on peut s’interroger sur la justification éthique d’un tel remboursement lorsqu’on sait que l’assiette de cet impôt porte en grande partie sur des résultats de produits financiers, et particulièrement sur des valeurs spéculatives, et pas sur le produit d’un « labeur » ou de prises de risques industriels qui sont la justification ultime d’un « capitalisme sain ».
Ajoutons à cela les dénégations de l’actuel Ministre du Travail, ce même Eric Woerth dont l’épouse fut au travers d’une société de gestion la femme de confiance de Liliane Bettencourt, jurant ses grands dieux qu’il ne connaissait pas les ressources personnelles de Madame Bettencourt, et nous voilà bel et bien au milieu d’une scandaleuse Affaire d’État !
1) Il était forcément au courant puisque c’est lui qui signait les chèques pour de tels montants ;
2) Les déclarations ce matin à RMC de l’avocat d’une ex-comptable impliquent des remises de sommes rondelettes à des hommes politiques ;
3) Il était trésorier de l’UMP ;
Même si rien n’interdit qu’une épouse travaille pour le compte d’intérêts privés quand le mari est sensé traquer la fraude fiscale, et même si ce mari Ministre du Budget dîne avec la principale intéressée Liliane Bettencourt, le 30 Janvier 2008 (huit jours après avoir accroché la Légion d’Honneur sur la poitrine de Patrice de Maistre, l’employeur de sa femme Florence), et sans porter de jugement péremptoire, ces divers éléments mis bouts à bouts laissent à penser que, pour le moins, certaines fonctions sont incompatibles...
Quand c’est trop, c’est trop !
N’importe quel quidam particulier se verrait taxé d’un redressement fiscal monstrueux. J’en connais qui en sont morts et d’autres qui ont fait de la prison pour beaucoup moins que ça.
La Fédération Française de Football envisage de donner en bloc sa démission suite aux désastreux résultats de l’Équipe de France... C’est le minimum qu’on attendait de ces dirigeants incapables pour ne pas dire foireux.
Il serait bon que les hommes politiques de quelque bord qu’ils soient tirent à leur tour les conséquences de telles inconséquences au niveau du Gouvernement, et que les fruits sains s’écartent des fruits pourris afin qu’on ne les mette pas tous dans le même sac et qu’on évite toute suspicion de contamination...


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