Le TAO orléanais
Depuis quelques jours, notre vieille SEMTAO se fait faire un lifting en « relookant » ses vieilles carcasses pour les mettre au goût du jour, et surtout en harmonie avec les rames du Tram. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça n’est pas du superflu.
Elle se fera désormais appeler TAO. Sera-ce pour autant du superflux ?
Nul doute que le choix de ce nouveau nom, la transformation de cette vieille SEMTAO en un raccourci plus bref et énergique, va agir sur le mental de ses chauffeurs comme sur celui des Orléanais.
En effet TAO est un terme chinois (le monde entier regarde vers la Chine) qui signifie... « la VOIE ».
Comment aurait-on pu choisir un terme plus adéquat pour des transports en commun ?
Bien évidemment, la « Voie », voie publique en l’occurrence, ne saurait être mieux desservie par un système collectif que selon une chinoiserie ancestrale.
Mais qu’est-ce au juste que le Tao ?
Le taoïsme est avant tout un mode de vie permettant à tous de revenir aux valeurs essentielles de la vie. Une philosophie, presque une religion, fondée sur les principes de Lao-Tseu 2500 ans avant J.C., l’absence d’action et le retour à l’origine des choses en sont les deux axes prédominants. Des pratiques comme le Shiatsu, l’acupuncture ou le Feng Shui, sont d’origines taoïstes.
Voyons ce qu’en disent les encyclopédies...
« Prônant une sorte de quiétisme naturaliste, le Tao est (selon Granet) un idéal d’insouciance, de spontanéité, de liberté individuelle, de refus des rigueurs de la vie sociale et de communion extatique avec les forces cosmiques... »
Eh bien ! Ça s’annonce plutôt folklorique pour un transport en commun si les chauffeurs revendiquent l’insouciance et la liberté individuelle et refusent les rigueurs sociales...
« Pour se libérer des contraintes sociales, le taoïste peut fuir la ville et se retirer dans les montagnes, ou vivre en paysan. »
Chouette ! des écolos !... Ça me rappelle la chanson de Montand : « En sortant de l’école, nous avons rencontré, un joli chemin de fer qui nous a emporté tout autour de la Terre dans des wagons dorés (etc...) »
« Dans les ’’Entretiens de Confucius’’, on trouve déjà cette opposition entre d’une part ceux qui assument la vie en société et cherchent à l’améliorer (les confucianistes) et, d’autre part, ceux qui considèrent qu’il est impossible et dangereux d’améliorer la société, qui n’est qu’un cadre artificiel empêchant le naturel de s’exprimer (les taoïstes), une dialectique peut-être analogue à la question de l’engagement de l’intellectuel. »
Pourvu que ce Tao local prôné par des confusianistes cherchant à améliorer les transports de la société nous apporte pas davantage de « Confusion » dans les lignes !
« Zhuangzi a des images frappantes : un arbre tordu, dont le menuisier ne peut faire de planches, vivra de sa belle vie au bord du chemin, tandis qu’un arbre bien droit sera coupé en planches puis vendu par le bûcheron. L’inutilité est garante de sérénité, de longue vie. De même l’occupant d’une barque se fera insulter copieusement s’il vient gêner un gros bateau, mais, si la barque est vide, le gros bateau s’arrangera simplement pour l’éviter. Il convient donc d’être inutile, vide, sans qualités, transparent, de « vomir son intelligence », de n’avoir pas d’idées préconçues et le moins d’opinions possible ? »
Ah ! Voilà un concept qu’il est intéressant : un transport « inutile », « vide », « sans qualités » et « transparent »... qui garantira au TAO orléanais un longue vie... On est bien content pour lui.
« Ayant fait le vide en soi, le sage est entièrement disponible et se laisse emporter comme une feuille morte dans le courant de la vie, c’est-à-dire : librement « s’ébattre dans la Voie. »
« Ayant fait le vide en soi », pour un autobus... Mais bien sûr ! Comment n’y avions-nous pas songé plus tôt ?
(les textes en italiques sont extraits de Wikipedia)


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